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Sources et domaine d’application des règles de preuve civile

  • Leçon 1 sur 19
  • Fondements
  • 17 min
  • Vérifié le

Par James R. GosnellMatériel pédagogique, et non un avis juridique.

Points clés

La preuve civile québécoise relève principalement du Code civil et du droit procédural, sous réserve des lois particulières et des droits protégés. La règle applicable dépend de la proposition à établir, du forum, de la matière et des dispositions transitoires.

Aperçu

Une personne peut détenir un droit valable sans parvenir à établir les faits qui permettraient au tribunal de le sanctionner. Le droit de la preuve relie la règle juridique aux événements, aux accords et aux comportements dont dépend le jugement recherché. L'analyse commence donc par une proposition précise : ce qui s'est produit, la conséquence juridique qui en découle et le moyen de convaincre légalement le tribunal de sa réalité.

La preuve civile québécoise repose principalement sur le Code civil du Québec, ou CCQ, et le Code de procédure civile, ou C.p.c. Leurs fonctions se recoupent, mais reconnaître les questions auxquelles chacun répond évite des erreurs pratiques. Une règle portant sur l'effet probatoire d'un écrit remplit une fonction différente de celle qui oblige à le communiquer avant l'audience.

Le régime applicable dépend aussi de la matière, du décideur et parfois de la date de l'opération sous-jacente. Les lois fédérales, les protections constitutionnelles, les lois particulières et les règlements des tribunaux peuvent modifier le cadre civil ordinaire. L'objectif consiste à relier méthodiquement la proposition contestée à la règle de preuve applicable avant de choisir les documents ou les témoins.

Objectifs d'apprentissage

  • Distinguer le fait à prouver, le moyen proposé, la et la .
  • Identifier les rôles respectifs du Code civil, du droit procédural, des lois particulières et des sources historiques.
  • Choisir le régime applicable selon la matière, le tribunal et les dates pertinentes.

Commencer par la proposition à établir

Un comporte une manifestation de volonté dirigée vers des conséquences juridiques. Une vente, une entente modifiant un prix et une renonciation à un droit appartiennent à cette catégorie parce qu'elles visent à créer, à modifier ou à éteindre des droits ou des obligations. Le mot « acte » ne signifie pas qu'un document papier doit exister. Une entente verbale soulève une question de preuve d'un acte juridique même si aucun instrument ne la constate.

Un concerne un événement ou un comportement dont les effets juridiques ne dépendent pas d'une volonté de produire ces effets. Une chute, l'état d'un escalier et les dommages à un meuble peuvent compter parce que la loi leur attache des conséquences. Certains faits matériels comportent un geste volontaire. La personne qui déplace délibérément une armoire ne souhaite pas nécessairement les conséquences juridiques qui suivent lorsqu'elle blesse quelqu'un. Les comportements volontaires et les actes juridiques ne forment donc pas des catégories identiques.

La distinction porte sur l'objet de la preuve. Elle ne classe pas les éléments selon leur forme matérielle. Une photographie peut servir à établir l'état d'un escalier. Un témoignage peut relater une conversation au cours de laquelle un contrat a été conclu. Un document signé peut constater un contrat tout en renseignant sur un événement indépendant. Chaque utilisation proposée appelle sa propre analyse.

Application : la modification contestée du prix

Scénario factuel

Les faits suivants sont hypothétiques. Une entreprise d'ébénisterie et sa cliente signent une estimation. Avant la livraison, elles discutent d'une finition différente. L'entreprise soutient que la cliente a accepté un supplément au téléphone. La cliente nie l'avoir accepté. Une facture, des messages textes et des photographies du meuble livré sont disponibles.

Séparer existence, validité et preuve

Trois questions peuvent se poser à propos de la même entente. Les parties l'ont-elles conclue? Si oui, respecte-t-elle les conditions de fond nécessaires à l'effet juridique réclamé? Quels éléments peuvent l'établir devant le tribunal? La difficulté à prouver l'entente ne démontre pas automatiquement son invalidité. Inversement, produire un instrument signé ne répond pas à toute contestation possible de sa validité ni à tout désaccord sur son interprétation.

La distinction compte aussi avant le litige. Une documentation claire peut réduire l'incertitude factuelle future, tandis que le respect d'une règle de formation remplit une autre fonction. Recommander de conserver l'estimation signée et les communications subséquentes répond à un problème éventuel de preuve. Déterminer si la modification proposée produit ses effets exige l'application du droit substantiel pertinent.

La recevabilité et la valeur probante répondent à des questions distinctes

La recevabilité détermine si le tribunal peut recevoir et utiliser l'élément proposé pour la fin invoquée. La valeur probante concerne la force avec laquelle cet élément établit la proposition une fois qu'il peut être légalement considéré. Une photographie recevable peut être peu utile si sa date ou son angle la rendent peu révélatrice. Une communication apparemment convaincante peut rencontrer une restriction de recevabilité qui empêche son utilisation.

La établit le lien entre un fait proposé et le litige. Un élément qui contribue à établir ou à réfuter une proposition dont dépend le droit réclamé remplit une fonction identifiable. Les renseignements sur la capacité d'observation d'un témoin peuvent également compter sans créer eux-mêmes un droit. L' exprime la recevabilité générale de la preuve des faits pertinents, sous réserve des autres règles de preuve. Code civil, art. 2857.

Le régime légal encadre la recevabilité et, dans certains cas, l'effet probatoire de moyens particuliers. Il concilie la recherche d'un récit exact avec d'autres préoccupations, dont la sécurité des rapports juridiques et la protection de relations confidentielles. L'utilité qu'un juge reconnaît à un document ne fait pas disparaître toutes les restrictions légales. De même, une partie ne détermine pas la force de sa preuve simplement en la qualifiant de décisive.

Le ajoute une autre question : quelle partie doit établir la proposition, et avec quel degré de conviction? Cette question est développée dans la leçon sur le fardeau, la bonne foi et la connaissance judiciaire. À ce stade, il faut garder la séquence visible : identifier la proposition, identifier la partie responsable, choisir un moyen légalement disponible, puis apprécier si la preuve obtenue est suffisante.

Cette séquence aide à organiser un dossier. Un répertoire intitulé « documents » ne révèle pas les lacunes factuelles restantes. Un plan bref reliant chaque proposition contestée aux éléments qui l'appuient permet de constater que plusieurs documents portent tous sur la livraison sans établir la modification du prix. L'accumulation de preuves sur le même point ne répare pas nécessairement le lien manquant.

Repérer la règle dans les sources contemporaines

Le Code civil et l'administration de la preuve

Le CCQ constitue le du Québec. Sa disposition préliminaire explique que le Code fonde les autres lois dans les matières auxquelles se rapportent la lettre, l'esprit ou l'objet de ses dispositions; ces lois peuvent y ajouter ou y déroger. Le livre septième du CCQ organise le régime général, les moyens de preuve et leur recevabilité. D'autres dispositions probatoires figurent ailleurs dans le Code. La recherche doit suivre la matière en cause aussi bien que le livre de la preuve. Code civil, disposition préliminaire et livre septième.

L' concerne la manière dont les éléments parviennent au tribunal et peuvent être vérifiés contradictoirement. Le C.p.c. traite des actes de procédure, de la communication des pièces, des interrogatoires, de l'expertise, de l'audience et de la contestation de certains documents. Ces mécanismes donnent une portée pratique aux règles de fond. Une partie doit donc déterminer si le moyen est juridiquement disponible et si elle a accompli les démarches procédurales nécessaires à son utilisation.

Ainsi, l'effet probatoire attaché à un instrument ne dispense pas d'examiner le mécanisme procédural permettant de le contester. De même, recevoir un document de l'adversaire ne signifie pas nécessairement qu'il a été produit à l'instruction pour toutes les fins possibles. La situation procédurale précise doit être établie à partir des règles et des ordonnances applicables.

Les parties préparent leur preuve dans une instance dirigée

La confie aux parties la responsabilité de présenter les faits appuyant leur position et leur permet de répondre aux éléments adverses. L'impartialité judiciaire n'exige pas une passivité complète. Le tribunal dirige l'instance et peut intervenir dans les limites de ses pouvoirs tout en préservant la possibilité pour chaque partie d'être entendue équitablement.

La exige que les démarches procédurales et les moyens de preuve tiennent compte de la nature et de la complexité du dossier, de la finalité de la demande ainsi que du temps et des coûts nécessaires. Les art. 18 et 19 C.p.c. encadrent les choix des parties et les responsabilités de gestion du tribunal. L'art. 158 C.p.c. comprend des pouvoirs concernant les déclarations écrites et l'expertise commune. Ces dispositions influencent la préparation et la présentation; elles ne rendent pas facultative la planification de la preuve. Code de procédure civile, art. 18, 19 et 158.

Supposons que le litige sur le meuble porte sur un désaccord limité concernant la finition livrée. Une expertise pourrait devoir répondre à une question technique définie. Un plan faisant intervenir plusieurs experts sur des pratiques de fabrication étrangères au litige demanderait une justification concrète. La partie doit préciser ce que l'expertise établirait et pourquoi la méthode et les dépenses proposées sont proportionnées. Ni l'efficacité invoquée globalement ni le désir de tout présenter ne règlent les questions juridiques applicables.

Les droits protégés et les lois particulières

Le illustre pourquoi une communication pertinente peut demeurer protégée. L'art. 9 de la Charte des droits et libertés de la personne protège ce secret. Des conseils échangés avec l'avocat ne deviennent pas un document commercial ordinaire du seul fait qu'ils concernent le litige. La portée de la protection, une éventuelle renonciation et les privilèges connexes exigent l'analyse développée dans la leçon sur le secret professionnel et les communications privilégiées. Charte québécoise, art. 9.

Les éléments obtenus en violation de droits fondamentaux soulèvent une question supplémentaire. L' prévoit leur exclusion en matière civile selon les conditions qu'il énonce. La Charte canadienne des droits et libertés possède sa propre règle d'exclusion au par. 24(2), dans le champ d'application constitutionnel établi au par. 32(1). Il faut examiner l'action étatique pertinente; l'existence d'un différend privé ne rend pas à elle seule la Charte canadienne applicable comme voie d'exclusion. Code civil, art. 2858; Charte canadienne, art. 24 et 32.

Les lois particulières encadrent aussi les documents technologiques, les archives, les dossiers d'entreprises, l'accès à l'information et la vie privée. Pour un document numérique, la Loi concernant le cadre juridique des technologies de l'information doit être considérée avec le Code. La leçon sur les documents technologiques, les copies et les documents résultant d'un transfert explique leur articulation. Le support ne répond pas à lui seul aux questions d'intégrité, d'attribution ou d'utilisation probatoire.

Les règlements des tribunaux et leurs directives publiées constituent une autre couche normative. Ils peuvent encadrer l'organisation et la présentation de la preuve dans une cour ou un district particulier. La règle de fond tirée du Code représente donc le début de la préparation procédurale. Il faut aussi identifier le tribunal, le district, l'étape de l'instance et les ordonnances de gestion applicables.

Déterminer la matière et le forum

Droit civil provincial, matières fédérales et procédures pénales

La compétence législative en matière de preuve suit le partage constitutionnel des pouvoirs. Les art. 91 et 92 de la Loi constitutionnelle de 1867 expliquent pourquoi le Parlement et les législatures provinciales adoptent des règles de preuve dans leurs domaines respectifs. Le cadre civil ordinaire du Québec gouverne les matières de compétence provinciale, mais une procédure exercée au Québec peut relever d'une matière fédérale. Loi constitutionnelle de 1867, art. 91–92.

La partie I de la Loi sur la preuve au Canada s'applique, selon l'art. 2, aux procédures pénales et aux procédures civiles et autres matières de compétence fédérale. Son art. 40 attribue au droit provincial de la preuve un rôle supplétif dans les procédures relevant de l'autorité législative fédérale, sous réserve de cette loi et des autres lois fédérales. Le comble l'espace laissé par le régime applicable; il ne remplace pas une règle fédérale incompatible. Loi sur la preuve au Canada, art. 2 et 40.

Cela explique pourquoi la simple affirmation « le dossier est entendu au Québec » ne suffit pas pour choisir le régime. Il faut identifier la base juridique de la procédure, lire les règles fédérales pertinentes et déterminer ce qu'elles laissent aux règles provinciales. Le divorce et la faillite demandent, par exemple, de considérer les lois fédérales même lorsque le dossier se déroule devant un tribunal québécois. Un litige contractuel ordinaire de droit civil québécois part d'une situation législative différente.

Les procédures pénales provinciales exigent aussi une analyse distincte. L'art. 61 du Code de procédure pénale rend applicables les règles de preuve criminelle avec les adaptations nécessaires et les réserves législatives qu'il précise. Les règles de preuve du CCQ ne peuvent être transposées simplement parce que l'infraction alléguée aurait été commise au Québec. Code de procédure pénale, art. 61.

Les organismes administratifs

Un organisme administratif exerçant une fonction juridictionnelle peut posséder ses propres règles législatives et réglementaires de preuve. L'art. 11 de la Loi sur la justice administrative lui permet de suivre les règles ordinaires de la preuve civile lorsqu'il décide de la recevabilité. Il s'agit d'une permission à l'intérieur du régime administratif, qui exige d'examiner la loi habilitante et les règles de procédure de l'organisme. Loi sur la justice administrative, art. 11.

Un contexte moins formaliste ne supprime ni l'équité procédurale ni la nécessité d'un soutien factuel fiable. Il change le cadre dans lequel la preuve est reçue et appréciée. Avant d'invoquer une règle de ce cours devant un organisme administratif, il faut déterminer s'il doit l'appliquer, s'il peut s'en inspirer ou s'il relève d'une règle particulière. Des litiges factuellement semblables peuvent ainsi demander des préparations probatoires différentes selon le forum.

Tenir compte du temps et des sources historiques

L'application immédiate et la survie de règles antérieures

Le CCQ est entré en vigueur le 1er janvier 1994. La Loi sur l'application de la réforme du Code civil distingue la non-rétroactivité de l'application immédiate aux situations en cours. Ses art. 2–4 et 9 expliquent pourquoi les règles contemporaines de preuve s'appliquent généralement au moment où la preuve est faite, même lorsque l'origine de la situation précède la réforme. Loi d'application, art. 2–4 et 9.

L'art. 141 conserve une exception particulière pour la et les présomptions légales. La loi en vigueur au jour de la conclusion de l'acte juridique ou de la survenance des faits gouverne ces questions. Une attache, par l'effet de la loi, une conséquence probatoire à des faits déterminés. L'exception préserve le cadre probatoire lié à une opération ou à un événement antérieur; la seule date du procès ne peut résoudre cette question. Loi d'application, art. 141.

Un accord écrit ancien invoqué dans un litige actuel demande donc deux vérifications distinctes. Il faut déterminer si l'ancienne loi gouverne sa preuve préconstituée, puis identifier les exigences procédurales actuelles d'administration de cette preuve. L'art. 833 C.p.c. prévoit l'application immédiate du Code procédural selon ses modalités. Une ancienne règle de preuve de fond et un mécanisme procédural actuel peuvent ainsi intervenir dans le même dossier. Code de procédure civile, art. 833.

Des origines mixtes demandent une interprétation disciplinée

Le droit québécois de la preuve s'est développé sous l'influence du droit civil français et de la common law. La codification civiliste a façonné la preuve des obligations, tandis que le droit anglais a influencé la preuve commerciale et le processus judiciaire. Ces origines expliquent certaines règles et certains termes familiers, mais l'ascendance historique ne détermine pas la règle actuelle sans examen de sa forme codifiée.

La contribution résiduelle de la common law doit demeurer compatible avec les principes généraux du CCQ et la Charte québécoise. Dans Globe and Mail c. Canada (Procureur général), 2010 CSC 41, la Cour suprême a traité de ce rôle résiduel encadré. La conséquence pratique consiste à commencer par le régime québécois et à justifier l'emploi de précédents externes selon la règle et le contexte réellement en cause. Arrêt de la Cour suprême.

Une décision d'une autre province peut éclairer un principe partagé. Elle n'établit pas que le Québec a adopté toutes les exceptions ou les conséquences procédurales qui l'accompagnent. Il faut comparer le texte, l'objet et la source de la règle, puis identifier ce que les lois québécoises règlent déjà. Cette méthode conserve l'utilité du raisonnement comparatif tout en rattachant l'analyse au droit qui gouverne le litige.

Application : choisir la prochaine recherche

Scénario factuel

Les faits suivants sont hypothétiques. Supposons qu'une partie propose un accord ancien, une photographie récente et un courriel contenant des conseils juridiques.

Liste de vérification pratique

  • Énoncer séparément chaque proposition factuelle contestée et la conséquence juridique recherchée.
  • Qualifier l'objet de preuve comme acte juridique ou fait matériel, puis identifier le moyen proposé.
  • Séparer la recevabilité, la valeur probante et l'attribution du fardeau.
  • Identifier la matière, le forum, l'étape procédurale et les lois particulières applicables.
  • Lire la règle de fond avec les démarches de communication, de présentation ou de contestation.
  • Vérifier les droits protégés, les dates des actes anciens et les exceptions transitoires applicables.
  • Adapter le plan de preuve au litige et aux exigences procédurales du tribunal.

Vérifiez vos acquis

Deux courts exercices avant de poursuivre : raisonnez à partir des exemples d’application de la leçon, puis rappelez-vous ses notions clés de mémoire.

Appliquer les règles

Chaque exemple présente d’abord les faits et garde son analyse fermée. Déterminez l’issue, puis ouvrez l’analyse pour comparer.

  1. 1Application : la modification contestée du prix
  2. 2Application : choisir la prochaine recherche

Rappel actif

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acte juridique

juridical act

Comment définiriez-vous cette notion? Quelles conditions ou limites faut-il retenir?

Glossaire

acte juridiquejuridical act
Manifestation de volonté visant à créer, à modifier ou à éteindre des droits ou des obligations. Elle peut exister sans instrument écrit.
administration de la preuveadministration of evidence
Démarches procédurales par lesquelles les éléments sont communiqués, présentés et vérifiés. Elles s’ajoutent aux règles de fond sur la recevabilité.
droit commungeneral civil law
Ensemble général de règles civiles qui fonde les autres lois dans son domaine. Une loi particulière peut y ajouter ou y déroger.
droit supplétifsupplementary law
Droit qui comble les lacunes du régime applicable, sous réserve de ses règles. Il ne remplace pas une règle incompatible de la loi qui gouverne.
fait matérielmaterial fact
Événement ou comportement considéré indépendamment de la volonté de produire ses effets juridiques. La catégorie peut comprendre un geste volontaire.
fardeau de la preuveburden of proof
Responsabilité de présenter une preuve et d’établir une proposition selon la norme exigée. Son attribution peut varier d’une proposition à l’autre.
pertinencerelevance
Lien logique entre un fait proposé et une question du litige. D’autres règles peuvent néanmoins limiter une preuve pertinente.
présomption légalelegal presumption
Conséquence probatoire que la loi attache à des faits déterminés. Le bénéficiaire doit établir les faits qui la déclenchent.
preuve préconstituéepreconstituted evidence
Preuve préparée avant le litige, souvent lors de la conclusion d’un acte juridique. Le droit transitoire peut conserver les règles probatoires alors applicables.
procédure contradictoireadversarial process
Processus dans lequel les parties présentent leurs positions et peuvent répondre à la preuve adverse. Le juge demeure impartial tout en exerçant ses pouvoirs de gestion.
proportionnalitéproportionality
Exigence d’adapter la procédure et les moyens de preuve à la nature, à la complexité, à la finalité, au coût et à la durée du litige. Elle ne supprime pas les conditions probatoires applicables.
recevabilitéadmissibility
Possibilité pour le tribunal de recevoir et d’utiliser un élément pour la fin proposée. Elle ne démontre pas que cet élément est convaincant.
secret professionnelprofessional secrecy
Protection des renseignements confidentiels reçus dans une relation professionnelle protégée. La pertinence ne suffit pas à écarter cette protection.
valeur probanteprobative weight
Force d’un élément pour établir une proposition. Certains effets sont fixés par la loi; d’autres dépendent de l’appréciation judiciaire.

Références et lectures complémentaires

Droit civil québécoisLeçon 1 sur 19