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Droits et obligations dans les entreprises de compétence fédérale

  • Leçon 18 sur 23
  • Essentiel
  • 21 min
  • Vérifié le

Par James R. GosnellMatériel pédagogique, et non un avis juridique.

Points clés

Les normes fédérales d’emploi établissent des droits minimaux exécutoires, mais chaque droit comporte ses propres conditions et sa propre procédure. La rémunération, les congés protégés, l’accommodement et les recours contre le congédiement exigent des analyses distinctes, même lorsqu’ils découlent des mêmes événements.

Aperçu

Une salariée bancaire peut simultanément réclamer des impayées, avoir droit à un et nécessiter un accommodement lié à une déficience. Ces demandes ne partagent ni un critère unique d’admissibilité ni un délai unique de plainte. Une rémunération correcte ne règle pas la question de l’accommodement; l’octroi d’un congé ne solde pas une créance salariale.

Le Code canadien du travail, L.R.C. 1985, c. L-2, régit les rapports collectifs à la partie I, la santé et la sécurité à la partie II, les normes d’emploi à la partie III et les sanctions administratives pécuniaires à la partie IV. La présente leçon applique les principales normes individuelles avec les lois fédérales sur les droits de la personne, l’ et l’. La leçon sur le rapport individuel de travail fédéral développe l’assujettissement et la continuité; la prévention et l’indemnisation des lésions professionnelles exigent leur propre analyse.

Objectifs d'apprentissage

  • Appliquer les conditions, calculs et exceptions régissant la rémunération, la durée du travail et les congés fédéraux.
  • Distinguer les , l’ et les obligations proactives d’équité.
  • Identifier le recours, le décideur et le délai appropriés dans un différend d’emploi fédéral.

Établir l’assujettissement et la norme applicable

L’ se reconnaît principalement à ses activités normales, plutôt qu’à son lieu de constitution ou au titre du poste. La compétence fédérale directe se distingue de la compétence dérivée visant des activités intégrées à une entreprise fédérale. Tessier Ltée c. Québec (Commission de la santé et de la sécurité du travail), 2012 CSC 23, par. 17–19 et 50–51, impose un examen fonctionnel. Un fournisseur provincial ne devient pas fédéral simplement parce qu’il sert une banque.

Il faut ensuite vérifier la disposition particulière. Selon l’article 167, l’exclusion des cadres et de certaines professions de la section sur la durée du travail ne supprime pas toutes les protections de la partie III. L’exclusion des cadres du recours pour congédiement injuste constitue une autre question. Les responsabilités réelles comptent. La compétence fédérale n’écarte pas davantage toute loi provinciale d’application générale; l’objet de la loi et l’interaction constitutionnelle doivent être examinés.

L’article 168 fait prévaloir les normes minimales tout en préservant les droits et avantages plus favorables. Un salaire élevé ne permet pas simplement d’acheter une exemption des congés obligatoires. Le paragraphe 168(1.1) permet à certaines dispositions conventionnelles de régir exclusivement les différends relatifs au salaire minimum, au , aux jours fériés et au lorsque les conditions légales de comparaison et de règlement par un tiers sont réunies. Il faut identifier l’avantage et la période d’admissibilité avant de choisir entre grief et plainte de normes.

Calculer la rémunération et la durée du travail

Salaire, retenues et congés rémunérés

L’article 178 impose de comparer le salaire minimum fédéral indexé au minimum provincial applicable au lieu habituel du travail et de retenir le taux supérieur. L’indexation intervient le 1er avril. Le taux pertinent est celui en vigueur lorsque le travail a été accompli, plutôt qu’un montant historique mémorisé. Le contrat ou la convention collective peut accorder davantage.

L’article 254.1 limite les retenues aux catégories autorisées, notamment la loi, certaines ordonnances ou conventions, l’autorisation écrite du salarié et le trop-payé salarial. Le consentement écrit n’est pas illimité : il ne permet pas la retenue pour dommage matériel ou manque d’argent prévue à l’alinéa 254.1(2)c) lorsqu’une autre personne avait accès aux biens ou à l’argent. Il faut établir à la fois l’autorisation invoquée et l’application de l’exception légale.

Le congé annuel comporte une durée et une indemnité. Les articles 184 et 184.01 prévoient deux semaines et 4 % après une année complète, trois semaines et 6 % après cinq années consécutives, puis quatre semaines et 8 % après dix années. Selon l’article 185, l’employeur doit accorder le congé dans les dix mois suivant l’année de service complétée. Le versement du pourcentage ne remplace généralement pas la prise du congé obligatoire.

L’article 196 fixe généralement l’ au vingtième du salaire, sans les heures supplémentaires, gagné pendant les quatre semaines précédant immédiatement la semaine du jour férié. Le salarié rémunéré à commission qui compte au moins douze semaines d’emploi continu relève du calcul particulier au soixantième sur douze semaines. L’article 197 ajoute normalement une rémunération à taux et demi pour les heures travaillées pendant le jour férié. Les établissements à fonctionnement ininterrompu disposent d’options légales; l’article 199 vise séparément les cadres admissibles qui travaillent ce jour-là. Un calcul particulier ne signifie pas exclusion complète.

Durée normale, horaires et exceptions

Selon l’article 169, la durée normale générale est de huit heures par jour et quarante par semaine. L’article 174 prévoit normalement le taux et demi pour les heures supplémentaires. Les calculs quotidien et hebdomadaire ne doivent pas majorer deux fois les mêmes heures. Le maximum de quarante-huit heures prévu à l’article 171 constitue une restriction distincte, assortie d’exceptions légales et réglementaires. Il faut vérifier les règles sectorielles, les moyennes autorisées et les horaires modifiés avant d’appliquer ces chiffres généraux.

Le remplacement par une heure et demie de congé par heure supplémentaire exige la demande du salarié et une entente écrite. L’article 174 encadre son utilisation : généralement dans les trois mois suivant la période de paie pertinente, sous réserve des prolongations permises par entente. Une prolongation individuelle ne peut dépasser douze mois. Le congé inutilisé doit être payé dans le délai légal; l’employeur ne peut imposer une banque indéfinie à temps simple.

Les articles 169.1 et 169.2 accordent une pause de trente minutes au cours de chaque période de cinq heures consécutives et huit heures consécutives entre les périodes de travail ou quarts. La pause est payée lorsque le salarié doit demeurer à la disposition de l’employeur. L’article 173 prévoit une journée complète de repos hebdomadaire, le dimanche si possible. L’exception applicable doit être identifiée avant de traiter une difficulté opérationnelle comme une permission d’écarter le repos.

Les articles 173.01 et 173.1 exigent normalement un horaire écrit au moins quatre-vingt-seize heures à l’avance et un préavis écrit de vingt-quatre heures pour modifier ou ajouter un quart. Le Code reconnaît des situations imprévisibles précises présentant une menace imminente ou sérieuse pour les personnes, les biens ou le fonctionnement normal; les exemptions sectorielles réglementaires et les règles conventionnelles comptent aussi. Un simple inconvénient ne constitue pas automatiquement une urgence.

Après six mois d’emploi continu, l’article 177.1 permet une demande écrite concernant la durée du travail, l’horaire ou le lieu de travail. L’employeur doit répondre par écrit dans les trente jours et fournir les motifs requis en cas de refus ou d’acceptation partielle. Les motifs opérationnels légaux peuvent justifier le refus de cette demande, mais le paragraphe 177.1(9) préserve les obligations d’accommodement prévues par d’autres lois fédérales. L’article 174.1 protège séparément certains refus d’heures supplémentaires pour responsabilités familiales, après des démarches raisonnables pour trouver une autre solution et sous réserve de son exception d’urgence.

Exemple pratique : Un salaire et une banque d’heures

Scénario factuel

Pendant une semaine sans jour férié, un salarié bancaire sans fonctions de cadre travaille neuf heures chaque jour du lundi au vendredi, à un taux horaire ordinaire équivalent de 25 $, sans régime de moyenne. L’employeur inscrit les cinq heures excédentaires comme cinq heures de congé utilisables lorsque les activités le permettront. Il retient aussi 120 $ pour un manque dans un tiroir-caisse partagé, en invoquant une autorisation signée.

Appliquer les congés protégés et les droits de retour

Séparer absence, rémunération et preuve

Pour chaque congé, il faut déterminer l’événement, le lien familial, la durée, la période d’utilisation, le préavis et la preuve, puis les jours payables par l’employeur. L’admissibilité à l’assurance-emploi ou à un autre revenu de remplacement constitue une question distincte. Une condition de trois mois de service pour les jours payés ne reporte pas nécessairement le droit au congé non payé.

Le congé de maternité de l’article 206 atteint dix-sept semaines sans condition de six mois de service, normalement dans la période commençant treize semaines avant la naissance prévue et se terminant dix-sept semaines après la naissance réelle. Le congé parental de l’article 206.1 atteint soixante-trois semaines dans les soixante-dix-huit semaines suivant la naissance ou le placement. Le congé parental partagé est plafonné à soixante et onze semaines; le cumul maternité-parental de l’article 206.2 est limité à soixante-dix-huit semaines pour une personne et quatre-vingt-six collectivement. Les dispositions sur l’hospitalisation et l’interruption peuvent modifier les périodes ordinaires. L’article 207 exige généralement quatre semaines de préavis écrit, avec exception pour motif valable.

Le congé pour raisons médicales de l’article 239 atteint vingt-sept semaines pour maladie ou blessure personnelle, don d’organe ou de tissu, rendez-vous médical pendant le travail et quarantaine. Trois jours payés sont acquis après trente jours d’emploi continu, puis un jour mensuel selon la formule légale, jusqu’au maximum annuel de dix. Les jours reportés réduisent le plafond d’acquisition de l’année suivante. Il ne s’agit pas de vingt-sept semaines de salaire versé par l’employeur.

Pour une absence d’au moins cinq jours consécutifs, l’employeur peut demander un certificat d’un professionnel de la santé, par écrit au plus tard quinze jours après le retour. Le préavis normalement requis est de quatre semaines pour une absence prévisible, ou dès que possible lorsqu’un motif valable empêche ce préavis. Une maladie soudaine s’analyse donc différemment d’une intervention planifiée.

Événements familiaux et limites distinctes

Les principaux droits suivants comportent des conditions différentes. Sauf lorsque le tableau indique des jours payés, le Code n’impose pas lui-même le salaire pendant l’absence décrite.

Congé et dispositionConditions et limites principales
Soignant, 206.3Jusqu’à 28 semaines pour prendre soin d’un membre de la famille ou le soutenir lorsqu’un certificat établit une maladie grave comportant un risque important de décès dans les 26 semaines. La période commence avec la semaine du certificat, ou celle du congé antérieur admissible, et finit généralement avec la semaine du décès ou l’expiration des 52 semaines; 28 semaines constituent le maximum partagé.
Maladie grave, 206.4Jusqu’à 37 semaines pour un enfant gravement malade ou 17 pour un adulte de la famille, avec certificat précisant le besoin et la période de soins. La période commence avec la semaine du premier certificat, ou celle de la maladie antérieure certifiée admissible, et finit avec la semaine du décès ou l’expiration des 52 semaines. Les plafonds partagés correspondants et les restrictions de chevauchement avec le congé de soignant s’appliquent.
Décès ou disparition, 206.5Jusqu’à 156 semaines pour le décès ou la disparition d’un enfant de moins de 25 ans probablement attribuable à un crime. L’accusation du salarié pour ce crime exclut le droit; les événements légaux de cessation et plafonds partagés s’appliquent.
Personnel, 206.6Jusqu’à 5 jours annuels pour les responsabilités familiales énumérées de santé, de soins ou d’éducation, les urgences personnelles ou familiales, la cérémonie de citoyenneté ou les motifs réglementaires. L’éducation vise un membre de la famille de moins de 18 ans. Trois premiers jours payés après 3 mois consécutifs.
Violence familiale, 206.7Jusqu’à 10 jours annuels pour les fins prévues lorsque le salarié ou son enfant de moins de 18 ans est victime. Cinq premiers jours payés après 3 mois consécutifs. Vérifier les exclusions visant la personne accusée ou probablement auteure des actes.
Pratiques autochtones, 206.8Jusqu’à 5 jours annuels après 3 mois consécutifs pour le salarié autochtone pratiquant une activité traditionnelle, notamment la chasse, la pêche ou la récolte.

La visée à l’article 206.51 ouvre le congé au salarié, à l’époux ou au conjoint de fait admissible de la personne concernée, ainsi qu’au parent légal projeté dans la situation prévue. Le maximum est de huit semaines en cas de mortinaissance, sinon trois jours, dans les vingt-six semaines suivant la perte. La mortinaissance exige une expulsion ou extraction sans signe de vie à partir de vingt semaines de grossesse ou après que le fœtus a atteint au moins 500 grammes. Le conjoint de fait doit justifier d’au moins une année de cohabitation conjugale. Les trois premiers jours sont payés après trois mois consécutifs d’emploi. Un seul congé est accordé par grossesse, y compris une grossesse multiple où au moins un fœtus ne naît pas vivant.

Le congé de décès de l’article 210 atteint normalement dix jours après le décès admissible d’un proche parent ou d’un membre de la famille pour lequel le salarié prenait un congé de soignant ou de maladie grave. Il s’utilise du décès jusqu’à six semaines après la dernière cérémonie funéraire, inhumation ou commémoration. Pour l’enfant du salarié, de son époux ou de son conjoint de fait, le paragraphe 210(1.01) prévoit plutôt huit semaines, dans une période se terminant douze semaines après la dernière cérémonie. L’enfant désigne ici une personne de moins de dix-huit ans ou celle ouvrant droit au crédit canadien pour aidant naturel précisé. Les trois premiers jours sont payés après trois mois consécutifs. Le congé pour perte de grossesse et le congé de décès peuvent chacun être divisés en une ou deux périodes. Ces protections élargies ont pris effet le 12 décembre 2025; la date de l’événement compte.

Protection pendant l’absence

Pour les congés de la section VII, les articles 209.1–209.3 protègent le retour au même poste ou, pour un motif valable, à un poste comparable avec le salaire, les avantages et le lieu prévus. Les prestations de retraite, de maladie et d’invalidité dépendent notamment du maintien des cotisations requises; l’ancienneté et la continuité bénéficient d’une protection légale. Les règles de réorganisation empêchent autant la perte automatique des droits que l’hypothèse d’un gel éternel de toutes les conditions. Les congés médical et de décès comportent leurs protections correspondantes.

La demande de réaffectation liée à la grossesse, aux articles 204–205, est distincte du congé de maternité. Un certificat identifie le risque; l’employeur doit examiner la modification ou réaffectation réalisable. L’absence nécessaire pendant cet examen est payée selon le paragraphe 205(2). Si la modification ou la réaffectation n’est pas réalisable, le congé qui en résulte selon le paragraphe 205(6) n’est pas pour autant payé par l’employeur. Pour une lésion professionnelle, l’article 239.1 et l’article 34 du Règlement du Canada sur les normes du travail régissent séparément la protection et le retour dans la mesure du possible. La période de retour de dix-huit mois part de la certification médicale d’aptitude, et non de la lésion. Les obligations relatives aux droits de la personne demeurent pertinentes.

Exemple pratique : Huit semaines de congé ne sont pas huit semaines payées

Scénario factuel

Une salariée bancaire ayant quatre mois d’emploi continu subit une perte de grossesse à vingt et une semaines, sans signe de vie. Elle demande huit semaines à compter immédiatement. L’employeur offre trois jours payés, puis exige son retour parce qu’elle n’a pas six mois de service.

Distinguer l’égalité et les obligations proactives

La Loi canadienne sur les droits de la personne, L.R.C. 1985, c. H-6, vise les pratiques discriminatoires d’emploi, les politiques systémiques et le harcèlement, notamment aux articles 7, 10 et 14. Il faut établir une caractéristique protégée, un effet préjudiciable et un lien entre les deux. L’intention discriminatoire n’est pas nécessaire. L’accommodement raisonnable répond à un obstacle discriminatoire établi; un traitement identique peut maintenir cet obstacle.

Pour justifier une exigence professionnelle selon l’article 15, l’employeur doit établir son lien rationnel avec le travail, son adoption honnête pour l’objectif légitime et sa nécessité raisonnable, y compris l’impossibilité d’accommoder sans contrainte excessive. Colombie-Britannique (Public Service Employee Relations Commission) c. BCGSEU, [1999] 3 R.C.S. 3, fournit ce cadre. Le coût, la santé et la sécurité éclairent la contrainte légale. Le salarié et, s’il y a lieu, le syndicat doivent collaborer à la recherche de solutions réalisables : Central Okanagan School District No. 23 c. Renaud, [1992] 2 R.C.S. 970. L’expiration d’un congé légal ne prouve pas elle-même la contrainte excessive.

L’équité en matière d’emploi, régie par la Loi sur l’équité en matière d’emploi, L.C. 1995, c. 44, vise le repérage proactif des obstacles, l’analyse de l’effectif, les plans, la consultation et les rapports. L’assujettissement du secteur privé commence généralement à 100 salariés, avec les catégories publiques prévues. Les quatre groupes désignés demeurent les femmes, les Autochtones selon la définition légale, les personnes handicapées et les personnes appartenant aux minorités visibles. Les articles 5–15 n’imposent ni postes inutiles ni embauche de personnes non qualifiées. Un plan n’excuse pas une discrimination individuelle.

L’équité salariale, selon la Loi sur l’équité salariale, L.C. 2018, c. 27, art. 416, vise généralement les milieux de travail fédéraux comptant au moins dix salariés, sous réserve des règles d’application. Elle compare les catégories d’emploi à prédominance féminine et masculine selon les qualifications, l’effort, les responsabilités et les conditions de travail, puis la rémunération. Les articles 55 et 83 exigent normalement un premier plan dans les trois ans de l’assujettissement et un plan révisé dans les cinq ans de l’affichage pertinent. L’article 89 ajoute une déclaration annuelle. Le Commissaire à l’équité salariale administre le régime. L’article 40.2 de la Loi canadienne sur les droits de la personne limite la voie de plainte de cette loi pour les questions d’équité salariale de l’employeur relevant du régime proactif; elle et l’article 11 ne sont pas des recours interchangeables.

Choisir le recours et préserver le délai

Cessation d’emploi, créance salariale et représailles

Les articles 229.1–230 exigent normalement deux semaines de préavis ou d’indemnité après trois mois mais moins de trois ans, puis trois semaines après trois ans et une semaine additionnelle par année complète, jusqu’à huit semaines dès huit ans. Le congédiement justifié est exclu de cette section. L’article 235 accorde séparément une indemnité de départ après douze mois, normalement le montant supérieur entre cinq jours de salaire et deux jours par année complète, sous réserve de son exception de congédiement justifié. Le respect de ces minima ne neutralise pas une plainte admissible pour congédiement injuste.

L’article 240 exige généralement douze mois d’emploi continu, l’absence de couverture conventionnelle et une plainte dans les quatre-vingt-dix jours; l’exclusion des cadres et les limites du paragraphe 242(3.1) comptent aussi. Les réparations peuvent comprendre la réintégration et l’indemnisation. La cessation collective visant au moins cinquante salariés en quatre semaines engage le préavis de seize semaines de l’article 212, en plus des droits individuels. La leçon sur la cessation d’emploi fédérale développe ces conditions et procédures.

Pour une plainte ordinaire de normes, l’article 251.01 prévoit généralement six mois depuis la dernière date de paiement exigible pour une demande pécuniaire, ou depuis la naissance de l’objet de la plainte autrement. Des prolongations précises et restrictions relatives aux autres procédures s’appliquent. La plainte de représailles va directement au Conseil canadien des relations industrielles selon l’article 246.1, généralement dans les quatre-vingt-dix jours de la connaissance réelle ou imputée. Une discussion interne n’arrête automatiquement aucun de ces délais.

Un se conteste normalement d’abord par une demande de révision au chef dans les quinze jours, selon l’article 251.101. L’employeur doit généralement fournir la somme requise et les frais administratifs, ou une garantie acceptée. L’ordre de conformité accompagné d’un procès-verbal de violation comporte un délai distinct de trente jours. L’article 251.11 permet ensuite normalement un appel au Conseil dans les quinze jours de la signification de la décision de révision, limité au droit ou à la compétence sauf pour les ordres de conformité. Il faut conserver les dates de signification plutôt que supposer que tout litige salarial va immédiatement au Conseil.

Les registres appuient le recours comme la défense. L’article 24 du Règlement du Canada sur les normes du travail exige les dates de début et de cessation d’emploi pendant au moins trente-six mois après la cessation, et les renseignements prescrits sur le travail et la paie pendant au moins trois ans après le travail. L’obligation de conservation ne prolonge pas le délai de plainte du salarié.

La plainte relative aux droits de la personne commence normalement devant la Commission canadienne des droits de la personne. L’alinéa 41(1)e) vise celle dont le dernier acte ou omission allégué remonte à plus d’un an avant sa réception, avec pouvoir discrétionnaire d’admettre une période plus longue. La Commission peut nommer un enquêteur selon l’article 43 et demander au Tribunal canadien des droits de la personne d’instruire la plainte selon l’article 49 à toute étape après son dépôt, si elle estime l’instruction justifiée compte tenu des circonstances. Ses réparations de l’article 53 diffèrent du recouvrement salarial et de la surveillance des plans d’équité.

Exemple pratique : Des minima payés et un congédiement encore contestable

Scénario factuel

Un salarié bancaire non syndiqué et non cadre compte six années complètes de service. Il est congédié pour rendement prétendument insuffisant, sans suppression économique alléguée du poste. L’employeur verse six semaines tenant lieu de préavis et douze jours d’indemnité de départ, puis refuse toute discussion au motif que les sommes légales sont payées. Le salarié communique avec le Programme du travail trente jours plus tard.

Liste de vérification pratique

  • Établir l’assujettissement fédéral, les fonctions réelles, le service et la convention collective avant de choisir une disposition.
  • Calculer séparément salaire, majorations, congé annuel et retenues selon les dates et documents pertinents.
  • Pour le congé, identifier événement, lien familial, durée, période d’utilisation, portion payée, préavis et preuve.
  • Examiner les cotisations et le retour, puis toute obligation continue d’accommodement.
  • Distinguer discrimination individuelle, équité en matière d’emploi et équité salariale par leur champ et leur recours.
  • Consigner les dates de contravention, de connaissance et de signification; choisir la plainte, la révision ou l’appel approprié.

Vérifiez vos acquis

Deux courts exercices avant de poursuivre : raisonnez à partir des exemples d’application de la leçon, puis rappelez-vous ses notions clés de mémoire.

Appliquer les règles

Chaque exemple présente d’abord les faits et garde son analyse fermée. Déterminez l’issue, puis ouvrez l’analyse pour comparer.

  1. 1Exemple pratique : Un salaire et une banque d’heures
  2. 2Exemple pratique : Huit semaines de congé ne sont pas huit semaines payées
  3. 3Exemple pratique : Des minima payés et un congédiement encore contestable

Rappel actif

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Formulez votre réponse avant de consulter la définition. L’autoévaluation prépare votre prochaine révision; elle ne mesure pas la maîtrise du sujet.

entreprise fédérale

federal undertaking

Comment définiriez-vous cette notion? Quelles conditions ou limites faut-il retenir?

Glossaire

accommodement raisonnablereasonable accommodation
Adaptation requise pour remédier à une discrimination, sous réserve de la démonstration de la contrainte excessive applicable.
congé annuelannual vacation
Période de congé dont la durée et l’indemnité dépendent des conditions légales de service.
congé de décèsbereavement leave
Absence protégée après un décès admissible, avec une durée et une période d’utilisation particulières pour la catégorie légale d’enfant.
congé pour raisons médicalesmedical leave
Absence protégée pour les motifs énumérés à l’article 239, avec un régime distinct d’acquisition de jours payés.
entreprise fédéralefederal undertaking
Entreprise dont les activités placent les relations du travail sous la compétence législative fédérale.
équité en matière d’emploiemployment equity
Démarche légale proactive visant à repérer et à éliminer les obstacles à l’emploi touchant les groupes désignés.
équité salarialepay equity
Réponse légale à la sous-évaluation systémique du travail fondée sur le sexe, par comparaison de catégories d’emploi de valeur égale.
heures supplémentairesovertime
Heures dépassant la durée normale applicable et donnant droit à la majoration ou au congé compensatoire admissible.
indemnité de congé pour jour fériéholiday pay
Rémunération légale liée à un jour férié, calculée distinctement de celle du travail accompli ce jour-là.
normes minimalesminimum standards
Conditions d’emploi impératives prévues par la loi, sous réserve des règles d’application et des avantages plus favorables.
ordre de paiementpayment order
Ordre administratif exigeant le versement du salaire ou d’autres sommes dus selon les normes fédérales d’emploi.
perte de grossessepregnancy loss
Événement visé à l’article 206.51 lorsqu’une grossesse ne se termine pas par une naissance vivante, y compris le cas prévu de grossesse multiple.

Références et lectures complémentaires

Droit du travailLeçon 18 sur 23