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L’entreprise et la continuité du lien d’emploi au Québec

  • Leçon 10 sur 23
  • Essentiel
  • 18 min
  • Vérifié le

Par James R. GosnellMatériel pédagogique, et non un avis juridique.

Points clés

Le changement de propriétaire ou de structure juridique d’une entreprise peut préserver le contrat de travail et le service accumulé. La loi applicable détermine les contrats, réclamations et obligations qui lient le successeur ou les autres employeurs participants.

Aperçu

Un restaurant change de propriétaire le vendredi et ouvre avec le même personnel le lundi. Les salariés peuvent conserver leurs contrats et leur service accumulé même si une nouvelle société verse les salaires. La transmission peut aussi rendre l’acquéreur responsable de réclamations légales impayées contre l’ancien exploitant. Ces conséquences découlent de règles précises; la ressemblance entre les noms ou les actionnaires de deux sociétés ne suffit pas à les produire.

La distinction initiale oppose l’, activité organisée, et l’, personne tenue aux obligations d’emploi. Le droit québécois peut rattacher une protection à la continuité de l’activité tout en imposant la responsabilité aux personnes appropriées. Trois questions demeurent distinctes : qui emploie le salarié, une entreprise a-t-elle été transmise et quelle obligation peut être exécutée contre quelle personne? Leur confusion mène à désigner les mauvais défendeurs ou à demander des remèdes trop larges.

Cette leçon porte sur les rapports individuels régis par le Code civil du Québec, la Loi sur les normes du travail et la Loi sur les décrets de convention collective. La succession en matière de rapports collectifs comporte des notions apparentées, mais des conditions légales distinctes. Il faut identifier le régime applicable avant d’emprunter un critère à un autre domaine.

Objectifs d'apprentissage

  • Distinguer l’entreprise de son employeur et identifier les acteurs lorsque les fonctions patronales sont réparties.
  • Appliquer les conditions factuelles et juridiques de continuité après une transmission d’entreprise.
  • Séparer la continuité du contrat et du service de la solidarité, puis déterminer les preuves et parties nécessaires à chaque réclamation.

Identifier l’entreprise et son employeur

L’activité organisée se distingue de son propriétaire

L’ décrit l’exploitation d’une entreprise par l’exercice d’une activité économique organisée, commerciale ou non. Le droit du travail examine également la coordination de ressources consacrées à une production ou à des services. Les locaux, l’équipement, le personnel, les méthodes, la clientèle et les connaissances techniques peuvent composer cette organisation. Leur importance relative dépend de l’activité réellement exercée.

La écarte donc deux raccourcis. Une société constitue un véhicule juridique, sans définir complètement son entreprise. À l’inverse, l’entreprise dépasse une fonction abstraite, comme le nettoyage ou le transport. La même fonction peut être exécutée par des entreprises indépendantes disposant de moyens différents. Dans U.E.S., local 298 c. Bibeault, [1988] 2 R.C.S. 1048, p. 1105–1107, la Cour suprême examine la réalité organisée qui subsiste lors d’une transmission.

Il faut dresser le portrait de l’activité avant de comparer les exploitants successifs. Dans une opération fortement mécanisée, l’équipement et la capacité d’exploitation peuvent être déterminants. Dans les services, le personnel organisé et ses fonctions peuvent peser davantage. Un changement d’adresse ne détruit pas nécessairement la continuité; l’occupation du même immeuble ne la démontre pas nécessairement. Il faut retrouver des éléments suffisamment caractéristiques de l’entreprise.

Les pouvoirs patronaux peuvent être répartis

L’article 1(7) de la Loi sur les normes du travail définit l’employeur par le fait de faire effectuer un travail par un salarié. L’article 1k) du Code du travail vise également la personne qui fait exécuter un travail par un salarié. Leur application exige d’étudier le rapport d’emploi, sans s’en remettre exclusivement au nom apparaissant sur le relevé de paie.

Dans Pointe-Claire (Ville de) c. Québec (Tribunal du travail), [1997] 1 R.C.S. 1015, p. 1047, l’analyse d’un placement par agence considère l’ensemble du rapport. Les pouvoirs pertinents comprennent la sélection, l’embauche, la formation, la discipline, l’évaluation, la supervision, les affectations et la rémunération, ainsi que l’intégration à l’entreprise. Un seul acte administratif ne détermine pas nécessairement qui assume la fonction patronale pour le régime en cause.

L’intégration entre sociétés peut aussi compter. Une exploitation répartie entre plusieurs entités peut présenter des activités suffisamment imbriquées, du personnel interchangeable et une direction opérationnelle commune pour permettre leur qualification comme employeur unique dans le contexte pertinent. Des actionnaires communs ou un administrateur partagé ne suffisent pas. Une gestion, des effectifs et des activités distincts peuvent démontrer l’autonomie des opérations malgré les liens corporatifs. La preuve doit expliquer l’intégration réelle, au-delà de l’organigramme juridique.

Exemple pratique : l’agence signe le chèque de paie

Scénario factuel

Une agence recrute et rémunère une technicienne affectée chez un fabricant. Celui-ci la forme, détermine chaque affectation, évalue son rendement et autorise ses absences. L’agence administre la paie et les remplacements. Un litige exige l’identification de l’employeur sous le régime applicable.

Choisir la règle de continuité

L’effet relatif du contrat prévu à l’ limite normalement ses effets aux parties, sous réserve des exceptions légales. L’article 2097 en établit une pour l’emploi : l’ de l’entreprise ou la modification de sa structure juridique ne met pas fin au contrat, qui lie l’ de l’employeur. Cette disposition vise le contrat lui-même, y compris les droits et obligations contractuels applicables au-delà des minimums légaux.

Les articles 96 et 97 de la Loi sur les normes du travail remplissent des fonctions différentes. L’article 96 protège les réclamations civiles impayées découlant de la loi ou de ses règlements lors de l’aliénation ou de la totale ou partielle de l’entreprise. L’ancien et le nouvel employeur sont liés solidairement pour les réclamations visées. L’article 97 préserve la continuité d’application des normes malgré l’aliénation, la concession ou la modification de structure. Aucune de ces dispositions ne transforme l’entreprise en personne juridique capable de payer un jugement.

La Loi sur les décrets de convention collective présente une structure parallèle, mais autonome. L’article 14.1 concerne les dettes découlant de la loi, d’un règlement ou d’un décret avant la transmission ou la restructuration visée; l’article 14.2 maintient les conditions de travail établies par décret. Il faut examiner les textes séparément, notamment l’exception de vente en justice prévue à l’article 14.1. L’article 96 de la Loi sur les normes du travail ne contient plus cette exception.

La concession attribue des droits d’exploitation sans nécessaire transfert de propriété. Cette qualification importe : la loi sur les normes vise expressément les concessions, tandis que l’article 2097 parle d’aliénation et de modification structurelle. Messier c. Investissements TQS Inc., D.T.E. 2013T-646 (C.S.), par.54, distingue une concession temporaire et réversible des événements couverts par l’article 2097. Une opération satisfaisant une disposition ne satisfait donc pas nécessairement toutes les règles de succession.

Établir la continuité et la transmission juridique

Comparer l’entreprise avant et après

L’analyse exige la persistance suffisante des éléments de l’entreprise et un soutenant leur transmission. Une comparaison chronologique doit montrer ce que l’ancien employeur exploitait, ce qui est passé au nouvel exploitant et ce que celui-ci a réellement continué. Les documents de transaction et la preuve des opérations répondent à des questions complémentaires.

Selon l’approche discutée dans Bibeault, p. 1105–1107, et Ivanhoe inc. c. Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce, section 500, [2001] 2 R.C.S. 565, p. 618–621, les éléments reçoivent un poids contextuel. Un nombre limité peut suffire si leur importance est particulièrement grande. Le personnel et les fonctions organisées peuvent porter une entreprise de services même lorsque peu d’actifs matériels changent de mains. Cela ne réduit pas le critère à la seule similarité des tâches.

La preuve utile comprend les listes d’actifs, les transferts de clientèle, les fournisseurs, les noms commerciaux, les permis, l’équipement, les mouvements de personnel, la supervision et les services réellement offerts. Aucune liste fixe ne permet de conclure en comptant les ressemblances. Il faut expliquer pourquoi les éléments conservés ou absents comptent pour cette entreprise. La vente de quelques machines excédentaires peut avoir peu de rapport avec la transmission d’une exploitation organisée.

La restriction particulière du Code du travail concernant certaines concessions partielles ne doit pas être importée automatiquement dans les articles 96 et 97. Les textes protègent des intérêts différents et peuvent retenir des seuils distincts. De même, le maintien d’une convention collective pose une question différente de la conservation du service individuel légal. Une réponse correcte identifie les deux questions lorsque les faits concernent des salariés syndiqués.

Démontrer le rapport juridique

L’aliénation suppose généralement une transmission de propriété; la concession, un droit d’exploitation. La vente, l’attribution de droits d’exploitation et la restructuration peuvent fournir le lien. Bibeault, p. 1113–1117, souligne l’importance du rapport juridique. Celui-ci peut passer par un intermédiaire : l’absence de contrat signé directement entre les employeurs successifs n’est pas automatiquement fatale.

Cette souplesse ne supprime pas la condition. Deux entrepreneurs peuvent effectuer successivement des tâches semblables parce qu’un client leur attribue des contrats distincts, sans transmission de l’entreprise du premier au second. Il faut identifier les droits ou moyens organisés que le client ou un autre intermédiaire pouvait transmettre et ce qu’il a effectivement transmis. La similarité des résultats et la permanence du besoin du client ne remplacent pas cette recherche.

Le lien peut parfois être démontré par des arrangements moins formels et par la conduite des parties. Une entente d’exploitation, la rétrocession de droits suivie d’une nouvelle concession ou une restructuration intégrée demandent une analyse de leur substance. Le simple changement de nom d’une société se distingue du remplacement de l’employeur juridique. Il faut d’abord déterminer si la transmission alléguée change réellement le débiteur.

Exemple pratique : l’acquéreur conserve l’exploitation

Scénario factuel

L’acquéreur d’une boulangerie reçoit les fours, le nom commercial, les commandes et les droits d’exploitation. La majorité du personnel continue sans interruption. Le contrat d’achat refuse toute reconnaissance d’ancienneté et réserve au vendeur le paiement des indemnités légales de vacances impayées.

Déterminer ce qui subsiste

Le contrat maintenu et le service accumulé

L’article 2097 empêche que la transmission seule mette fin au contrat. L’acquéreur peut prendre des décisions opérationnelles licites, mais une rupture effective doit être analysée selon les règles ordinaires de cessation d’emploi. La vente ne procure pas, à elle seule, un droit automatique à une indemnité de départ. Les obligations persistantes du salarié doivent aussi être examinées : la continuité ne conserve pas seulement les aspects avantageux du rapport.

Le possède une définition légale à l’article 1(12) de la Loi sur les normes du travail. Il concerne le rapport contractuel qui subsiste, y compris les interruptions du travail sans résiliation et certaines successions de contrats à durée déterminée. Le changement de payeur ou la signature d’un contrat de remplacement au nom de l’acquéreur ne remet pas nécessairement le calcul à zéro.

Ce service influe notamment sur le préavis légal de l’article 82, les congés annuels des articles 66 et suivants et l’accès à la protection de l’article 124 contre le congédiement sans cause juste et suffisante. Cette dernière exige deux ans de service continu dans la même entreprise, avec les autres conditions du recours. L’ exige séparément un délai de congé raisonnable pour un contrat indéterminé, en tenant compte notamment du service; il ne reprend pas simplement le minimum légal.

Il ne faut pas considérer toute interruption comme sans effet ni comme automatiquement fatale. Il faut établir si le rapport a pris fin, pourquoi le travail a cessé, quels engagements subsistaient et ce que prévoit la règle applicable. La durée d’une mise à pied ne remplace pas à elle seule la définition légale. Cascades Transport Cabano inc. c. Vaillancourt, 2016 QCCA 1573, montre également que le passage de la compétence fédérale à la compétence provinciale n’efface pas lui-même le service accumulé dans l’entreprise.

Les réclamations impayées et les procédures

La de l’article 96 permet le recouvrement d’une dette visée contre l’ancien ou le nouvel employeur, sous réserve des règles applicables. Il faut déterminer quand la réclamation civile est née et si elle restait impayée lors de la transmission. La loi ne se limite pas aux réclamations déjà déposées à cette date. La protection ne dépend pas non plus catégoriquement du travail ultérieur du demandeur chez l’acquéreur. Elle ne rend pas automatiquement l’ancien employeur responsable des dettes nouvelles provenant exclusivement de faits postérieurs.

L’article 97 dépasse le calcul salarial. Produits Petro-Canada c. Moalli, [1987] R.J.Q. 261 (C.A.), reconnaît l’article 124 comme norme protégée par la continuité. Selon les règles de succession et la procédure pertinentes, l’acquéreur peut devoir répondre à une plainte existante et à une obligation de réintégration. Préserver le service nécessaire à l’admissibilité offrirait une protection incomplète si le remède correspondant disparaissait nécessairement lors de la vente.

Les réclamations contractuelles appellent leur propre analyse sous l’article 2097. Aéro-Photo (1961) c. Raymond, 2014 QCCA 1734, illustre l’importance de la continuité pour les obligations liées à la cessation d’emploi; la réserve signalée dans Le Fèvre c. Aurora Interactive Ltd., 2019 QCCA 1726, empêche de déclarer toute dette historique transmissible sans examiner les faits et le rapport contractuel. Il faut distinguer la responsabilité contractuelle de la solidarité légale expresse de l’article 96.

L’insolvabilité exige la même précision. L’absence d’exception de vente en justice dans une disposition ne règle pas tous les effets d’une ordonnance ou d’une transaction d’insolvabilité. Il faut distinguer l’exploitation réellement poursuivie de la possession d’actifs par un créancier aux seules fins de réalisation, puis examiner le cadre juridique et l’ordonnance applicables. Une sûreté ou la détention d’actifs ne transforme pas invariablement le créancier en employeur.

Séparer la solidarité dans un réseau de la succession

L’article 95 de la Loi sur les normes du travail régit certaines dans les rapports de sous-traitance et d’intermédiation. Son deuxième alinéa rend expressément l’agence de placement de personnel et son entreprise cliente solidairement responsables des obligations monétaires légales ou réglementaires visées. Ce fondement n’exige pas de prétendre que toute l’entreprise de l’agence a été vendue au client.

L’article 14 de la Loi sur les décrets de convention collective prévoit aussi une solidarité en sous-traitance dans son champ d’application. Il comporte une règle particulière de six mois après la fin des travaux sous-traités, sous réserve des démarches conservatoires prévues, notamment la plainte, l’action civile ou l’avis désigné. Cette règle ne doit pas être transposée à l’article 95 ni confondue avec le délai de dépôt d’un autre recours.

La limitation aux obligations monétaires visées compte. Ces dispositions ne rendent pas, à elles seules, toute société participante responsable de chaque protection non pécuniaire ou ordonnance de réintégration. L’ prévoit séparément une présomption de solidarité entre débiteurs d’obligations contractées pour l’exploitation d’une entreprise. Il ne constitue pas un raccourci créant d’abord une obligation d’emploi contre chaque société apparentée.

La sous-traitance peut également concerner une institution publique. Dans Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides c. Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail, 2022 QCCA 1500, la mission légale de l’institution n’empêchait pas l’application de l’article 95 à son entente avec une ressource intermédiaire. La Cour rejette l’idée qu’une mission provenant de la loi diffère nécessairement, à cette fin, d’un travail provenant du contrat d’un client. L’analyse décisive concerne l’emploi protégé et le rapport contractuel; le statut public n’est pas lui-même une exemption.

Exemple pratique : des salaires impayés par une agence

Scénario factuel

Un entrepôt reçoit des travailleurs selon une entente de placement. L’agence ne paie pas les salaires légaux correspondant à leurs affectations dans l’entrepôt. Celui-ci répond qu’il n’a jamais acheté l’agence et n’a pas signé les contrats d’emploi.

Mettre en cause les bonnes parties

La transmission n’exige pas nécessairement de recommencer une plainte valable. La succession peut être reconnue dans la procédure existante et un amendement peut corriger l’identité des entités participantes. Dans 9256-0929 Québec inc. c. Turcot, 2016 QCCA 308, la reconnaissance de la responsabilité d’employeurs successifs pouvait compléter une décision existante. Cette souplesse favorise l’exécution des droits; elle ne permet pas d’ignorer la notification ni tous les délais applicables.

Le successeur proposé doit pouvoir être entendu. Il faut présenter la preuve de transmission, préciser le remède contre chaque partie et notifier correctement les entités pertinentes. L’absence d’accès du salarié au contrat d’achat peut justifier une preuve circonstancielle et une demande de communication. Elle ne justifie pas de traiter toute société trouvée au registre comme déjà responsable.

Une chronologie doit relier chaque allégation à sa preuve. Les dossiers du personnel établissent l’emploi initial et les interruptions; les documents de transaction identifient les droits transmis; les horaires et communications aux clients montrent la continuité opérationnelle. Les relevés de paie datent les obligations impayées. Un extrait du registre peut identifier une société sans prouver son activité. Des témoins peuvent donc être nécessaires pour relier les renseignements corporatifs au milieu de travail réel. Il faut examiner les contradictions entre la transaction écrite et les opérations ultérieures, sans présumer qu’une catégorie de preuve prévaut toujours.

Enfin, les conclusions doivent être formulées obligation par obligation. La continuité du service ne démontre pas le montant d’une indemnité de vacances impayée; une dette salariale ne prouve pas à elle seule le droit à la réintégration. Il faut préciser le fondement, les dates, les personnes responsables et le remède recherché pour chaque chef de réclamation.

Liste de vérification pratique

  • Identifier chaque personne juridique, l’exploitation et la loi régissant la réclamation.
  • Distinguer les pouvoirs patronaux réels de la propriété et de l’administration de la paie.
  • Comparer les éléments caractéristiques avant et après la transmission alléguée.
  • Prouver le lien juridique direct ou indirect et qualifier l’aliénation, la concession ou la restructuration.
  • Séparer la continuité contractuelle, le service continu, les réclamations légales impayées et la solidarité dans le réseau.
  • Dater chaque obligation, interruption, transmission et démarche; vérifier les exceptions légales et toute ordonnance d’insolvabilité.
  • Préciser le remède contre chaque partie, conserver la preuve, notifier les intéressés et leur permettre d’être entendus.

Vérifiez vos acquis

Deux courts exercices avant de poursuivre : raisonnez à partir des exemples d’application de la leçon, puis rappelez-vous ses notions clés de mémoire.

Appliquer les règles

Chaque exemple présente d’abord les faits et garde son analyse fermée. Déterminez l’issue, puis ouvrez l’analyse pour comparer.

  1. 1Exemple pratique : l’agence signe le chèque de paie
  2. 2Exemple pratique : l’acquéreur conserve l’exploitation
  3. 3Exemple pratique : des salaires impayés par une agence

Rappel actif

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Formulez votre réponse avant de consulter la définition. L’autoévaluation prépare votre prochaine révision; elle ne mesure pas la maîtrise du sujet.

entreprise

enterprise

Comment définiriez-vous cette notion? Quelles conditions ou limites faut-il retenir?

Glossaire

aliénationalienation
Transmission de la propriété d’une entreprise ou des droits pertinents.
ayant causesuccessor
Personne qui prend la position de l’employeur précédent lorsque la règle de succession applicable est satisfaite.
conception organiqueorganic conception
Identification d’une entreprise par l’organisation de ses moyens humains, matériels et techniques.
concessionconcession
Attribution d’un droit d’exploiter une entreprise ou une partie de celle-ci, sans nécessaire transfert de propriété.
employeuremployer
Personne responsable du rapport d’emploi selon la définition juridique applicable.
entrepriseenterprise
Activité économique organisée dont les moyens et les opérations se distinguent de la personne qui emploie le personnel.
lien de droitlegal connection
Rapport juridique soutenant la transmission entre exploitants successifs, directement ou par intermédiaire.
obligations pécuniairespecuniary obligations
Obligations monétaires dont la source légale détermine la portée d’une disposition de solidarité.
responsabilité solidairesolidary liability
Responsabilité permettant au créancier de réclamer toute la dette visée à un débiteur lié solidairement avec un autre.
service continuuninterrupted service
Durée du rapport d’emploi calculée selon la définition légale, incluant certaines interruptions du travail.

Références et lectures complémentaires

  • JurisClasseur Québec, collection « Droit du travail », Rapports individuels et collectifs du travail, , « Notion d’entreprise et continuité du lien individuel d’emploi », introduction et sections I–II, par.1–44.
  • ; Code du travail, art.1k),45; Loi sur les normes du travail, art.1(7),1(12),66 et suiv.,82,95–97,124; Loi sur les décrets de convention collective, art.14,14.1,14.2.
  • U.E.S., local 298 c. Bibeault, [1988] 2 R.C.S. 1048; Pointe-Claire (Ville de) c. Québec (Tribunal du travail), [1997] 1 R.C.S. 1015; Ivanhoe inc. c. Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce, section 500, [2001] 2 R.C.S. 565.
  • Messier c. Investissements TQS Inc., D.T.E.2013T-646 (C.S.); Produits Petro-Canada c. Moalli, [1987] R.J.Q.261 (C.A.); Aéro-Photo (1961) c. Raymond, 2014 QCCA 1734; Le Fèvre c. Aurora Interactive Ltd., 2019 QCCA 1726.
  • Cascades Transport Cabano inc. c. Vaillancourt, 2016 QCCA 1573; 9256-0929 Québec inc. c. Turcot, 2016 QCCA 308.
  • Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides c. Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail, 2022 QCCA 1500.
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