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L'acquisition par accession : travaux, terrains et meubles

  • Leçon 18 sur 23
  • Essentiel
  • 15 min
  • Vérifié le

Par James R. GosnellMatériel pédagogique, et non un avis juridique.

Points clés

L'accession rattache la propriété à ce que le bien produit et à ce qui s'y unit. La qualité du contributeur, la nature du bien et la catégorie de dépense déterminent les droits d'indemnisation, d'enlèvement et de rétention.

Aperçu

La construction, la culture et les changements naturels peuvent réunir des biens appartenant à différentes personnes. Un bâtiment peut incorporer les matériaux d'autrui; un possesseur peut améliorer un terrain ensuite repris par son propriétaire; une rivière peut modifier une rive. Chaque événement exige une décision sur la propriété et, séparément, sur l'indemnisation. Confondre ces questions conduit à des erreurs, puisque l'acquéreur de l'amélioration peut néanmoins devoir payer son contributeur.

L' rattache le droit du propriétaire à ce que le bien produit et à ce qui s'y unit. Le Code civil du Québec, ou CCQ, organise l'accession immobilière artificielle et naturelle ainsi que l'. Le régime dépend du , du processus d'union et de la situation juridique du contributeur. Les conventions et les modalités particulières de propriété peuvent modifier le résultat ordinaire.

Le fascicule de JurisClasseur consacré à l'accession fournit la carte doctrinale de cette leçon. La méthode pédagogique commence par l'opération et les faits matériels, puis sépare le titre, la classification des dépenses et le remède. Les exemples sont hypothétiques et les propositions légales sont vérifiées dans le Code officiel. La conclusion selon laquelle un propriétaire reçoit une construction ne constitue que la première partie d'une analyse suffisante.

Objectifs d'apprentissage

  • Choisir le régime d'accession selon le bien et le processus d'union.
  • Déterminer les conséquences des , utiles et d'agrément selon la qualité du contributeur.
  • Distinguer propriété, indemnisation, enlèvement et rétention dans les problèmes d'accession.

Identifier le bien et la source du droit

Production, union et propriété

L' rattache le droit d'accession à ce que le bien produit et à ce qui s'y unit naturellement ou artificiellement, dès l'union. L' attribue les fruits et revenus au propriétaire tout en lui faisant supporter les frais de production. Il doit être lu avec l', qui dispense le possesseur de d'en rendre compte et oblige celui de mauvaise foi à les remettre, après compensation des frais de production, à compter du début de sa mauvaise foi. L'analyse doit identifier le bénéfice réclamé et la dépense correspondante. La réception d'un avantage n'élimine pas les comptes exigés par la règle applicable.

Le bien principal peut être un terrain ou un meuble. Son identification oriente l'analyse vers l'accession immobilière ou mobilière. Un objet peut commencer comme meuble puis devenir partie d'un immeuble après son incorporation. Qualification et accession interagissent donc, mais la qualification seule ne tranche pas toutes les réclamations entre le propriétaire foncier, le possesseur et l'ancien propriétaire des matériaux.

L' rattache à la propriété du sol ce qui se trouve au-dessus et au-dessous, sous réserve des droits publics indiqués. Cette proposition doit être lue avec les droits distincts affectant l'espace ou les constructions. Une propriété superficiaire, par exemple, doit être examinée avant de présumer que le propriétaire du terrain possède chaque construction. Les titres et leurs effets juridiques précèdent l'application des présomptions ordinaires d'accession.

Accession artificielle et accession naturelle

L' et l' correspondent à la distinction de l' entre accession volontaire et involontaire à un immeuble. Un mur de soutènement construit et des dépôts graduels sur une rive appellent donc des dispositions différentes. Le simple fait qu'un changement améliore le terrain n'indique pas quel régime s'applique.

Le processus matériel doit être documenté. Pour une construction, il faut identifier la date et le degré d'incorporation, les matériaux, l'auteur et les pouvoirs en vertu desquels le travail a été exécuté. Pour une modification de rive, il faut déterminer son caractère graduel ou soudain, la formation d'un nouveau chenal ou l'apparition d'une île. L'arpentage, les images datées et les rapports techniques peuvent répondre à des questions différentes.

La convention entre les parties peut aussi intervenir. Le bail, le contrat de construction ou un droit réel distinct peut régir les travaux et leur enlèvement. Les dispositions ordinaires d'accession doivent être appliquées dans leur rapport exact avec ces instruments. Un remède approprié contre un possesseur ne peut être transposé automatiquement à l'entrepreneur dont les droits et obligations proviennent d'une autre relation juridique.

Déterminer le propriétaire de l'amélioration incorporée

Présomptions et matériaux d'autrui

L' présume que les constructions, ouvrages et plantations sur un immeuble ont été faits par son propriétaire, à ses frais, et lui appartiennent. Ces propositions concernent l'origine du travail, son paiement et la propriété. La preuve de la contribution d'autrui peut exiger une analyse supplémentaire plutôt qu'une conclusion immédiate selon laquelle le contributeur possède l'amélioration.

Suivant l', le propriétaire qui construit avec les matériaux d'autrui acquiert la construction par accession et doit payer la valeur des matériaux au moment de leur incorporation. Leur ancien propriétaire n'a ni droit de les enlever ni obligation de les reprendre. L'évaluation porte donc sur le moment fixé par la loi, et non sur le prix ultérieur de revente de l'immeuble amélioré.

Le dossier devrait distinguer l'identification des matériaux de la preuve de leur valeur. Les factures peuvent établir le prix d'achat, tandis qu'une expertise peut porter sur l'état et la valeur lors de l'incorporation. Le demandeur doit également identifier la personne contre laquelle il réclame l'indemnité. La conséquence de propriété ne tranche pas automatiquement tous les différends contractuels ou de responsabilité entre fournisseur, entrepreneur et propriétaire.

Travaux exécutés par un possesseur

L' attribue au propriétaire les constructions, ouvrages et plantations faits sur son immeuble par un possesseur, que les impenses soient nécessaires, utiles ou d'agrément. Ces catégories déterminent les conséquences financières et les possibilités d'enlèvement. Chaque dépense doit être classée individuellement plutôt que d'attribuer un traitement uniforme à l'ensemble d'une rénovation.

Les impenses nécessaires concernent la conservation. Les et les relèvent de dispositions différentes. Une seule facture peut réunir plusieurs catégories : réparation urgente d'une toiture, ajout d'une pièce et aménagement ornemental peuvent remplir des fonctions distinctes. La preuve doit répartir les montants et expliquer pourquoi chaque élément appartient à la catégorie proposée.

La bonne foi et la qualité du contributeur se déterminent indépendamment du montant dépensé. Un chantier coûteux ne prouve pas la bonne foi, et une dépense honnête n'établit pas nécessairement la propriété. Suivant l', le possesseur doit être justifié de se croire titulaire du droit réel exercé au début de sa possession; la bonne foi cesse lorsque l'absence de titre ou les vices lui sont dénoncés par une procédure civile. La personne qui reconnaît le titre d'autrui peut être un détenteur dont les dépenses reçoivent le traitement prévu à l'

Associer chaque dépense au remède approprié

Impenses nécessaires

L' exige le remboursement des impenses nécessaires même lorsque la construction, l'ouvrage ou la plantation n'existe plus. La règle considère le besoin de conservation au moment de la dépense plutôt que de faire de la survie de l'amélioration une condition universelle. Une réparation urgente détruite ensuite peut encore exiger la preuve de sa nécessité et de son coût.

Lorsque le possesseur est de mauvaise foi, la disposition permet une compensation avec les fruits et revenus perçus, après déduction des frais de production. Un calcul exact doit présenter les deux côtés du compte. Il identifie la dépense nécessaire, les revenus reçus et les frais associés à leur production. La simple soustraction des recettes brutes peut déformer le mécanisme légal.

La réclamation exige la preuve du travail et de sa nécessité. Le propriétaire peut contester le besoin de l'intervention choisie, le paiement effectif du montant ou l'inclusion de travaux étrangers à la conservation. Le fascicule distingue également les travaux nécessaires à la conservation des réparations d'entretien ordinaires, qu'il exclut de cette catégorie. Les documents devraient être classés par dépense et par fonction, avec assez de faits pour permettre au tribunal de distinguer conservation, augmentation d'utilité et agrément personnel.

Impenses utiles et transformations coûteuses

Pour le possesseur de bonne foi, l' exige que la construction, l'ouvrage ou la plantation utile existe encore. Le propriétaire peut rembourser la dépense ou choisir une indemnité égale à la plus-value. Le coût du travail et l'augmentation de valeur constituent des mesures différentes. Une amélioration coûteuse peut ajouter moins à la valeur marchande que la somme déboursée.

La même disposition offre au propriétaire des choix supplémentaires concernant les impenses utiles du possesseur de mauvaise foi, notamment l'enlèvement et la remise en état dans les conditions prévues. Lorsque la remise en état est impossible, les options légales doivent être examinées selon leur texte. L'avis doit identifier le choix du propriétaire plutôt que de présenter un montant automatique ignorant ces possibilités.

L' permet au propriétaire de contraindre le possesseur à acquérir l'immeuble à sa valeur lorsque les impenses utiles sont coûteuses et représentent une proportion considérable de cette valeur. Les conditions exigent des preuves sur le travail et sur l'immeuble. Il ne s'agit pas d'un droit général de tout auteur d'améliorations de forcer une vente, ni d'une simple variante du choix entre remboursement et indemnité.

Agrément, détention et rétention

L' concerne les dépenses d'agrément personnel du possesseur de bonne foi. Au choix du propriétaire, le possesseur peut enlever avantageusement l'amélioration sans détériorer les lieux ou l'abandonner. En cas d'abandon, le remboursement est limité au moindre du coût et de la plus-value. La possibilité d'un enlèvement sans dommage constitue donc un fait juridiquement déterminant.

L' prévoit des conséquences différentes d'enlèvement et de remise en état pour le possesseur de mauvaise foi. L' applique au détenteur les règles d'impenses de ce possesseur, mais exclut l'obligation d'acquérir l'immeuble. La reconnaissance par le locataire du titre du locateur doit donc être considérée avant d'emprunter les remèdes du possesseur qui prétend posséder à titre de propriétaire. La règle particulière du bail à l' doit aussi être examinée à la fin du bail; l' ne l'écarte pas du seul fait que les parties n'ont conclu aucune convention spéciale.

Le de l' dépend lui aussi de la qualité et de la catégorie de dépense. Le possesseur de bonne foi peut retenir pour les impenses nécessaires ou utiles; celui de mauvaise foi ne le peut que pour les impenses nécessaires. Une réclamation d'agrément n'entre pas dans ce régime simplement en raison de son montant. Il faut séparer le droit légal de rétention d'une demande de paiement qui n'en bénéficie pas.

Appliquer les règles aux changements naturels

Mouvement graduel et déplacement soudain

L' de l' concerne les dépôts et accroissements graduels et imperceptibles des fonds riverains. Elle appartient au propriétaire riverain sous réserve de la protection des biens publics de l' Des dépôts n'établissent pas à eux seuls un titre privé sur un lit appartenant à l'État : il faut déterminer le titre du lit suivant l' et la concession applicable avant d'appliquer l'accession. L' traite du retrait imperceptible de l'eau courante d'une rive lorsqu'elle empiète sur l'autre et exclut le droit correspondant pour les relais de la mer. Le processus et le milieu aquatique déterminent la disposition applicable.

L' traite différemment de l'enlèvement soudain d'une partie considérable et reconnaissable d'un fonds riverain. Son propriétaire peut la réclamer, mais doit agir dans l'année suivant la prise de possession par le propriétaire du fonds auquel elle s'est réunie. Le point de départ exige donc une preuve. Dire qu'une rive a changé pendant une saison de tempêtes peut ne pas suffire à établir les conséquences juridiques précises.

La comparaison montre pourquoi un arpentage peut ne pas répondre seul à la question de propriété. Il peut établir la forme actuelle du terrain, tandis que les photographies aériennes datées et les témoins établissent le processus. L'analyse distingue l'accumulation graduelle d'une portion reconnaissable détachée et relève la preuve de la prise de possession avant de calculer le délai légal.

Îles et changement du lit

L' attribue l'île formée dans le lit d'un cours d'eau au propriétaire de ce lit. L' conserve le titre du propriétaire riverain lorsqu'un nouveau bras coupe son fonds et forme une île. Des îles d'apparence semblable peuvent donc entraîner des conséquences différentes selon leur origine. L'identité du propriétaire du lit relève d'une analyse distincte des titres et des biens publics.

Lorsqu'un cours d'eau abandonne son lit pour en former un nouveau, l' répartit l'ancien lit entre les propriétaires des fonds nouvellement occupés en proportion de leur perte. Le calcul exige l'identification des parcelles touchées et de la superficie perdue par chacun. La seule superficie totale du lit abandonné ne permet pas de compléter cette répartition.

La propriété civile et l'autorisation d'exécuter des travaux restent distinctes. Une conclusion d'accession naturelle n'autorise pas le remblai, l'excavation ou la modification d'un cours d'eau. L'analyse des biens doit préciser l'effet de l'événement naturel sur le titre, tandis que l'intervention projetée exige la vérification séparée des règles de droit public applicables.

Résoudre l'union de meubles

Contributions, travail et indemnisation

L'accession mobilière de l' concerne les meubles de plusieurs propriétaires devenus inséparables sans détérioration ou sans travail et frais excessifs. La propriété de la chose nouvelle suit la contribution la plus forte par la valeur du bien initial ou par le travail. L'examen exige une preuve des deux types de contribution plutôt qu'une présomption fondée sur l'élément le plus visible.

L' vise le travail ou la transformation de la matière d'autrui lorsque le travail vaut davantage que la matière. L' exige ensuite le paiement de la contribution de l'autre personne. Si le contributeur principal ne peut être déterminé, les intéressés deviennent copropriétaires indivis. Propriété et indemnisation demeurent encore des questions distinctes.

L' permet à la personne tenue de remettre la chose nouvelle de la retenir jusqu'au paiement de l'indemnité due par le propriétaire. L' soumet à l'équité les circonstances d'accession mobilière non prévues. L'équité intervient après l'examen des dispositions précises; elle n'autorise pas le remplacement d'une règle simplement parce qu'un participant préfère un autre résultat.

Exercice : réparations et installation ornementale

Scénario factuel

Les faits suivants sont hypothétiques. Noor possède de bonne foi un petit immeuble sous un titre défectueux. Elle dépense 12 000 $ pour une stabilisation structurale nécessaire, 30 000 $ pour un agrandissement utile et 8 000 $ pour une installation ornementale. Le véritable propriétaire établit son titre et demande la remise; Noor ne s'est pas dessaisie de l'immeuble. Le propriétaire ne demande pas l'acquisition forcée suivant l' L'agrandissement existe encore et ajoute 22 000 $ à sa valeur. L'installation existe encore, ajoute 3 000 $ et peut être enlevée sans dommage. Les parties acceptent ces qualifications et valeurs.

Variante

Noor était plutôt détentrice de l'immeuble pour son propriétaire pendant tous les travaux. Aucun régime légal particulier, notamment celui du bail, ni aucune convention ne modifie le traitement applicable des dépenses.

Liste de vérification pratique

  • Identifier le bien principal, le contributeur, la convention et les droits distincts pertinents.
  • Documenter l'incorporation ou le processus naturel avant de choisir le régime.
  • Séparer la propriété de l'amélioration des droits de remboursement et d'enlèvement.
  • Classer chaque dépense et prouver le coût, la survie et la plus-value requis.
  • Déterminer la possession, la bonne foi ou la détention avant le calcul.
  • Consigner les choix légaux du propriétaire et le droit de rétention éventuel.
  • Pour l'accession naturelle, établir le milieu aquatique, le titre du lit et les dates.
  • Pour les meubles, comparer matière et travail avant l'indivision ou l'équité.

Vérifiez vos acquis

Deux courts exercices avant de poursuivre : raisonnez à partir des exemples d’application de la leçon, puis rappelez-vous ses notions clés de mémoire.

Appliquer les règles

Chaque exemple présente d’abord les faits et garde son analyse fermée. Déterminez l’issue, puis ouvrez l’analyse pour comparer.

  1. 1Exercice : réparations et installation ornementaleComprend une variante

Rappel actif

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Formulez votre réponse avant de consulter la définition. L’autoévaluation prépare votre prochaine révision; elle ne mesure pas la maîtrise du sujet.

accession

Comment définiriez-vous cette notion? Quelles conditions ou limites faut-il retenir?

Glossaire

accessionaccession
Droit qui rattache à la propriété ce que le bien produit ou ce qui s'y unit.
accession artificielleartificial accession
Accession volontaire d'un bien à un immeuble.
accession mobilièremovable accession
Régime attribuant la chose nouvelle issue de l'union, du mélange ou de la transformation de contributions mobilières.
accession naturellenatural accession
Accession involontaire d'un bien à un immeuble.
alluvionalluvion
Dépôt ou accroissement graduel et imperceptible formé sur un fonds riverain.
bien principalprincipal property
Bien auquel une autre contribution ou un objet se réunit dans l'analyse d'accession.
bonne foigood faith
Croyance juridiquement justifiée pertinente à l'exercice du droit réel allégué par le possesseur.
droit de rétentionright of retention
Droit légal de retenir le bien jusqu'au paiement de l'indemnité visée.
impenses d'agrémentdisbursements for amenities
Dépenses destinées à l'agrément personnel ou à l'ornementation.
impenses nécessairesnecessary disbursements
Dépenses requises pour la conservation du bien.
impenses utilesuseful disbursements
Dépenses qui améliorent l'utilité du bien et relèvent du régime légal des dépenses utiles.

Références et lectures complémentaires

  • Code civil du Québec, , , , , , , , et Texte officiel consolidé.
  • JurisClasseur Québec, Droit civil - Biens et publicité des droits, , « Acquisition par accession ».
Droit civil québécoisLeçon 18 sur 23