Sujets en IA
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    L'Europe a reporté sa loi sur l'IA. Pas l'étiquetage des pubs

    Bruxelles a repoussé à décembre 2027 les obligations à haut risque de la Loi sur l'IA. L'article 50 et le régime de sanctions, eux, sont en vigueur depuis le 2 août. L'étiquetage des créations devient exécutoire.

    ParJames R. GosnellContenu educatif. Aucun avis juridique.

    L'Europe a reporté sa loi sur l'IA. Pas l'étiquetage des pubs

    L'Union européenne a passé le printemps à assouplir sa propre loi sur l'intelligence artificielle. L'industrie a obtenu le report qu'elle réclamait sur les obligations coûteuses, et la couverture en conformité est passée à autre chose. Puis le 2 août est arrivé, et une autre série de règles est devenue exécutoire exactement comme prévu. Parmi elles se trouvent celles qui déterminent si une publicité générée par IA doit le déclarer.

    Ce qui est entré en vigueur à Bruxelles le 2 août

    Trois choses ont pris effet le 2 août 2026. L'article 50, le chapitre sur la transparence, lie désormais les fournisseurs et les déployeurs de systèmes d'IA. Le Bureau de l'IA a obtenu ses pouvoirs d'exécution sur les modèles à usage général. Et le régime de sanctions est pleinement opérationnel, l'échelon qui vise les manquements à la transparence atteignant 15 millions d'euros ou 3 % du chiffre d'affaires mondial annuel, selon le montant le plus élevé.

    L'article 50 se divise en quatre devoirs. Le fournisseur d'un système qui interagit directement avec une personne doit le lui dire, sauf si cela est déjà évident dans le contexte. Le fournisseur d'un système qui génère du son, des images, de la vidéo ou du texte synthétiques doit marquer le résultat pour qu'il soit lisible par machine et détectable comme artificiellement généré. Le déployeur qui publie un hypertrucage doit divulguer que le contenu a été généré ou manipulé artificiellement, un avis plus léger étant permis pour les œuvres manifestement artistiques, satiriques ou de fiction. Le déployeur qui publie un texte rédigé par IA sur une question d'intérêt public doit lui aussi une divulgation, sauf si un humain l'a révisé et qu'une personne en assume la responsabilité éditoriale. L'analyse de Sidley sur le partage entre fournisseur et déployeur reste la lecture la plus claire sur la question de savoir à qui revient chaque devoir.

    Les obligations que Bruxelles a choisi de reporter

    Le 2 août devait être une date beaucoup plus lourde. C'était l'échéance initiale du régime à haut risque de l'annexe III : gestion des risques, gouvernance des données, documentation technique, journalisation, supervision humaine et évaluation de la conformité pour l'IA utilisée en emploi, en éducation, en crédit, dans les services essentiels et en biométrie. Ces obligations ont glissé au 2 décembre 2027, et le régime de l'annexe I visant l'IA intégrée à des produits réglementés est reporté à août 2028. Le compte rendu de Gibson Dunn sur l'accord omnibus détaille l'ensemble de l'échange.

    La transparence, elle, n'a pas bougé. La seule concession est un délai de grâce de quatre mois sur le devoir de marquage lisible par machine, pour les systèmes génératifs déjà mis sur le marché avant le 2 août. Ces fournisseurs ont jusqu'au 2 décembre 2026. Tout le reste de l'article 50 s'applique dès maintenant, et l'argent aussi.

    Pourquoi une règle européenne atteint un bureau montréalais

    L'article 2 de la Loi sur l'IA vise les fournisseurs et les déployeurs établis hors de l'Union dès que le résultat du système est utilisé à l'intérieur de celle-ci. Une firme canadienne de gestion de patrimoine qui sert des impressions à des prospects en France tombe dans cette phrase, peu importe où se trouve son siège social, tout comme une agence torontoise qui monte de la vidéo synthétique pour un client ayant une clientèle européenne.

    C'est la deuxième fois en trois mois qu'une règle de divulgation publicitaire liée à l'IA atterrit sur des annonceurs nord-américains en provenance d'un régulateur devant lequel ils ne répondent pas. La loi new-yorkaise sur les interprètes synthétiques est entrée en vigueur le 9 juin, à 1 000 dollars pour une première infraction et 5 000 dollars ensuite. Bruxelles est arrivée le 2 août avec un plafond quatre ordres de grandeur au-dessus. Aucun des deux régulateurs n'a demandé si l'annonceur se considère comme une entreprise d'IA.

    L'étiquetage est un problème de génération

    Le piège opérationnel de l'article 50 tient à l'endroit où se logent les devoirs. Le marquage lisible par machine s'attache au fournisseur du système génératif, donc le signal doit être inscrit au moment même de la génération. La divulgation des hypertrucages s'attache au déployeur, donc l'annonceur doit savoir, au moment de publier, quels actifs d'une campagne contiennent des humains synthétiques, des voix synthétiques ou des images manipulées.

    C'est cette seconde exigence qui fait craquer la plupart des chaînes marketing. Une campagne assemblée à travers une douzaine d'outils produit des actifs dont personne n'a consigné la provenance. L'image vient d'un modèle, la voix hors champ d'un autre, le titre d'un troisième, et la personne qui approuve le montage final ignore quelles pièces sont synthétiques. Répondre à une autorité de surveillance six mois plus tard suppose que ce registre existait au moment de la fabrication. Le reconstituer après coup relève de la devinette, avec un plafond de 15 millions d'euros au bout.

    Les métadonnées de provenance sont la solution envisagée, et les travaux de normalisation existent bel et bien. La Coalition for Content Provenance and Authenticity, appuyée par Amazon, Google, Meta, Microsoft et OpenAI, publie une spécification permettant de rattacher à un fichier une information d'origine certifiée. Ces métadonnées restent fragiles. Toute chaîne qui réencode, recadre ou téléverse à nouveau un actif peut effacer le signal sans que personne ne le remarque, d'où le fait que le devoir de marquage et le devoir de divulgation forment deux obligations distinctes.

    Où la divulgation doit vivre

    Pour un annonceur réglementé, l'article 50 s'ajoute à un processus de révision qui était déjà la partie la plus lente de l'opération. La file juridique d'une firme de gestion de patrimoine a été bâtie pour vérifier les affirmations de rendement, les témoignages et les divulgations propres à chaque territoire. Y greffer une détermination de contenu synthétique actif par actif, sur des campagnes qui produisent maintenant quarante variantes à la fois, allonge la file sans améliorer les réponses.

    La version qui fonctionne garde le registre là où l'actif est fabriqué. C'est l'argument derrière LeadLord, la plateforme de marketing par IA conçue pour la gestion de patrimoine et les autres secteurs réglementés : l'état de conformité d'une création appartient à l'intérieur du brouillon plutôt qu'à une reconstitution finale. Un système qui a généré une image sait qu'il a généré cette image. Il peut reporter ce fait dans l'objet de campagne, y rattacher l'avis que doit le déployeur et remettre au réviseur un actif qui déclare déjà ce qu'il est, dans la même passe qui vérifie quel chiffre de rendement le texte peut justifier. Quand une seule plateforme assemble la campagne et fabrique aussi chaque pièce, le registre de provenance est un sous-produit du travail. Quand une firme raboute six outils spécialisés et une agence externe, il faut le rebâtir à la main, et en pratique il ne l'est jamais.

    Ce qu'il faut surveiller d'ici le 2 décembre

    Trois dates comptent plus que les autres. Le 2 décembre 2026 clôt le délai de grâce sur le marquage lisible par machine, et tout fournisseur qui livrera encore du contenu non marqué après cette date sera à découvert. Les normes harmonisées et le code de bonnes pratiques de la Commission sur le marquage sont toujours en rédaction, si bien que les entreprises conçoivent à partir d'un texte législatif plutôt que d'une spécification technique. Et la première sanction visant un annonceur plutôt qu'un fournisseur de modèle tranchera si les autorités nationales lisent l'article 50 comme une formalité de dossier ou comme une règle vivante. Le Canada, qui mène sa propre consultation sur la transparence jusqu'au 23 septembre, lira les mêmes signaux.